Nommée curatrice contre mon gré. Mai 2007, Lettre de la justice de paix :«vous êtes nommée en qualité de curatrice ». A peine ai-je pris connaissance de la nouvelle, les courriers affluent, commandement de payer, avis de participation à la saisie, procès verbal de saisie, acte de défaut de biens, téléphones de créanciers mécontents, quelle claque !
Et moi qui suis malade, non je n’y parviendrais pas. J’ai dix jours pour faire recours contre cette décision, je suis convoquée par le juge de paix accompagné de ces deux assesseurs. J’explique les raisons de ma requête, surcharge professionnelle, arrêt maladie (certificat à l’appui), je comprends très vite que ma revendication sera rejetée. Je fais partie de ceux, dont les obligations sont minimes, pas de famille, pas d’autres charges, je suis la candidate idéale et en plus je travaille dans le social, tout pour bien faire! Entre la gestion des courriers de mon pupille et les rendez-vous chez mon médecin, je poursuis ma lutte pour me faire entendre, en vain. Après avoir remis un mémoire (argumentaire de plusieurs pages) exigé par le Tribunal Cantonal, la décision tombe sèche et sonnante : recours refusé, décision maintenue, apparemment les formules de politesse ne sont pas d’usage dans ce département. Le téléphone des services sociaux ne se fait pas attendre, enfin une curatrice, à vous de reprendre le dossier, merci Madame ! Toujours en maladie, je me résigne en me demandant si je ne serais pas bientôt, à mon tour, sur la liste des demandeurs d’aide…Comment empoigner ce dossier, que signifient tous ces termes barbares de poursuite, que dois-je faire avec ces documents, et les assurances comment les payer ? L’appartement, qui prend en charge, les factures de médecin impayées, les créanciers en attente comment leur répondre, que leur dire, et mon pupille qui veut des sous, comment faire ? Je tremble à l’ouverture de ma boîte aux lettres, qu’est ce qui m’attend aujourd’hui, encore un truc auquel je ne comprends rien ! Peu à peu je me rétablis, je reprends le travail et mon mandat imposé fait partie de mon quotidien. Heureusement j’ai découvert le groupe Action Tutelle vers lequel les nombreux membres peuvent aller raconter leur histoire, toutes plus invraisemblables les unes que les autres. Ensemble nous espérons avoir un impact sur la modification de l’application de cette loi obsolète. J’exerce cette fonction depuis 2 ans avec tous les inconvénients qu’elle représente. J’ai appris que l’indemnité du représentant légal allait passer de 400 fr à 800fr par an, à ce jour je n’ai pas encore vu 1 franc, ni pour l’année dernière, ni pour cette année, la justice de Paix a du retard m’a-t-on dit. Je crois que c’est surtout le système vaudois qui a du retard ! M. Leuba compare souvent l’obligation du mandat de tutelle ou curatelle à celle des impôts, et bien moi je pense plutôt que les impôts que nous payons devraient être destinés à rémunérer des professionnels pour venir en aide aux plus démunis, ils le méritent.
C M
24 juillet 2009
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